Installé en Gruyère depuis une année, Alain Comte s'est lancé dans l'affinage d'huile d'olive. A partir d'un procédé, mis au point après six mois d'essai, il donne ses notes de basilic et de romarin au produit méditerranéen. Un commerce qu'il espère bien développer dans toute la Suisse d'ici à l'année prochaine.

Une huile d'olive gruérienneolives

Olivier Comte

Alaïn Comte: «Les Gruériens sont des épicuriens. Ils apprécient les bonnes choses et les produits de qualité»

 

olives

La couleur ambrée de l'huile d'olive, l'odeur aromatique du basilic et du romarin... Depuis le début de l'été, le Comptoir des oliviers présente ses produits sur le marché folklorique bullois. Et surprise, sous ce nom qui sent bon la Méditerranée, se cache Alain Comte, un habitant de Vuadens, qui s'est lancé dans l'affinage d'huile d' olive. Un marché qu'il considère comme étant en plein essor en Suisse.

« je voulais des huiles pour vinaigrettes fines ou les fins de cuisson » explique l'affineur. A partir d'une huile extra vierge, pressée à froid, qu'il achète à des grossistes suisses, Alain Comte affine différents produits, dans des locauxà Marsens, en y mêlant les arômes du basilic, du thym, de la sauge ou du romarin. «J'ai commencé par faire des essais seul dans mon coin, mais rien de concluant ne sortait de ma cuve de macération.» il s'est alors adressé à un herboriste de la région. «Et après six mois de recherche, on a pu mettre au point le produit fini», ajoute-t-il, gardant pour lui le secret du procédé.

Un retour aux sources

Pourquoi avoir choisi la Gruyère pour élaborer ces huiles aux saveurs du Sud? «Les Gruériens sont des épicuriens. Ils apprécient les bonnes choses et les produits de quali- té.» Malgré un nom de famille bien local, Alain Comte a vécu la plus grande partie de sa vie en Belgique, avant de décider un retour aux sources. Depuis environ une année, il a posé ses valises dans la région de son arrière grand-père, le peintre joseph Reichlen.

Après quelques mois dans les assurances, le presque quarantenaire a ressenti le besoin de faire un bilan de sa vie. Sa carrière, entamée dans le milieu hôtelier, s'est ensuite dirigée vers d'autres domaines comme le développement de concepts publicitaires et événementiels pour des

grosses entreprises ou encore le courtage immobilier. «je m'ennuyais et je me suis demandé dans quoi je trouverais du plaisir à travailler. Comme j'adore bien manger j'ai décidé de me mettre à un métier de bouche.»

Viable dans deux mois

L:huile d'olive, produit noble el plus que millénaire, lui est apparue comme une évidence. «je choisis tout. je goûte l'huile, qui provient exclusivement des Pouilles ou de Toscane, note-t-il. Et je fais les expériences d'affinage. C'est très enrichissant.» Pour l'instant, Alain Comte travaille seul, remplissant les bouteilles à la main. «Durant Ie week-end du Salon des goûts et terroirs, j'ai frisé le tennis elbow (n.d.l.r. inflammation du coude)» sourit-il.

Dans un proche avenir, l'affiineur prévoit d'investir dans un système d'embouteillage. Il n'exclut cependant pas d'externaliser cette étape. De nouvelles huiles devraient également être mises au point. Un affinage avec des notes de citron et un autre à la marjolaine sont déjà en phase expérimentale Depuis un mois et demi que ces huiles sont commercialisées, 400 litres ont déjà trouvé acheteurs. Alain Comte n'entend pas en rester là. Même si le procédé utilisé ne permettra jamais une production industrielle, il espère bien conquérir un marché suffisant pour rendre son commerce viable d'ici deux mois.

Il vise la Suisse entière

La clientèle visée est essentiellement les restaurants et les épiceries fines. D'ici à l'année prochaine, il pense pouvoir commercialiser ses produits dans toute la Suisse. Poui l'heure, on les trouve déjà dans divers commerces gruériens. Et s'il fait les marchés, celui de Bulle et celui de Fribourg, c'est pour avoir des «retour de terrain». «Mes clients reviennent pour m'apporter leurs critiques. Rien de plus gratifîant que de les voir avec le sourire.»